Le Taurillon s’est baladé d’ateliers en ateliers pour donner la parole aux différents intervenants, mais aussi aux citoyens ou aux associations pro-européennes présentes pour qu’ils nous expliquent pourquoi ils étaient là.
Il est à noter la disponibilité des intervenants qui se sont prêtés facilement au jeu des questions. Nous avons voulu aussi donner la parole à la Société civile dans ces vidéos car ce sont elles qui étaient les stars de la journée et de ces Etats Généraux de l’Europe.
Voire les video ICI
Bien le bonjour chers étudiants et voyageurs du monde!
Planeterasmus maintient sa direction dans le but de vous aider à mieux vous organiser pendant votre séjour à l’étranger. C’est pourquoi, il lance pour ce mois de juillet son nouveau projet: ErasmusGo. Par le biais d’internet, vous pourrez vous échanger quelques free ads comme des annonces de logement, des livres universitaires d’occasion et bien d’autres choses. Vous ne pouvez pas mettre de côté le besoin primaire du logement. Louer un appartement, un studio, une chambre ou faire une collocation avec d’autres étudiants ou d’autres personnes est possible. Mais tout cela implique de trouver quelque chose qui vaille le coup et ce pas trop et qui plait. Pour vous, nous en avons choisi quelques uns bien situés et dans des quartiers bon vivants. Si vous avez également des amis ou des parents qui souhaitent louer un appartement à des étudiants sérieux, vous pouvez mettre une annonce sur ErasmusGo. Suivant vos besoins, vous pouvez choisir si vous préférez un appartement avec le paiement du gaz et de l’électricité inclus et d’un accès à internet ou non. Il faut également obtenir un téléphone portable local assez rapidement pour réduire les coûts. En second lieu, n’oubliez pas que la nourriture est l’une des autres grandes dépenses. Si vous connaissez des lieux à bon prix ou si vous avez quelques tuyaux, ils sont les bienvenus aussi. Enfin, nous ne sommes pas là seulement pour vous rappeler combien la vie est chère. C’est pourquoi, vous pouvez nous faire partager des lieux, des fêtes et autres événements qui ont lieu dans votre ville. Nous tenterons de vous informer également de notre côté. Si vous appartenez à un groupe et que vous souhaitez nous faire partager votre musique, c’est possible. Enfin, vous pouvez vendre ce qui vous paraît nécessaire pour un bon séjour à l’étranger. Emettez et trouvez des offres d’emploi et de stage également. Ce service est totalement gratuit. Allez, partez! Mais n’oubliez pas votre Kit de survie ErasmusGooo!
Communication Planeterasmus
David Antolinez
L’Agence nationale d’évaluation (ANECA) espagnole a donné son aval pour les nouvelles formations proposées par les universités en accord avec le processus de Bologne. Seule 10 % de l’offre universitaire espagnole sera modifiée cette année. Quelque deux cents diplômes de trente-quatre universités (sur un total de soixante-quinze) ont été soumis en début d’année à l’approbation des autorités pour intégrer l’Espace européen d’éducation supérieure (EEES). À elle seule, la Communauté autonome de Madrid a fait la moitié des propositions.
« C’est encore peu, mais le processus va s’accélérer et l’université espagnole sera entièrement adaptée à Bologne en 2010 », estime Federico Gutierrez- Solana, recteur de l’université de Cantabrie et vice-président de la Conférence des recteurs. Sans s’attarder sur les conflits qui ont opposé les universités au gouvernement antérieur de José Maria Aznar au début des années 2000, il rappelle que l’Espagne a engagé le processus « plus tard que les autres pays européens », les années 2001-2002 ayant été consacrées à la grande réforme universitaire de la LOU. Ce qui ne signifie pas, selon lui, que les universités soient restées les bras croisés.
« Il y a eu beaucoup d’expériences pilotes d’adaptation des diplômes et de formation des professeurs », assure-t-il. 60 % du professorat de l’université de Cantabrie a reçu une formation aux nouvelles technologies et aux bonnes pratiques qu’implique l’adaptation à Bologne. Et le contenu de 50 % des diplômes a déjà été modifié dans l’esprit de l’EEES. Le schéma espagnol de LMD, 4-1-3 avec 240 crédits pour la licence, répond selon lui à la volonté de « potentialiser ce diplôme de façon à le rendre plus crédible sur le marché de l’emploi ». Le seul blocage sérieux vient de certaines formations d’ingénieurs très professionnalisées telles que le diplôme de technicien en travaux publics (trois ans) ou celui d’ingénieur des ponts et chaussées (cinq ans). Mais, là aussi, des solutions devraient être trouvées dans les prochains mois.
Armand Chauvel
Source: www.educpros.fr
Le “processus de Bologne” fait partie de la “stratégie de Lisbonne” dont l’objectif est la construction dans l’UE d’une économie plus compétitive et plus innovante, on lit même parfois la plus innovante au monde - autant voir grand. Mais la France et le français seront inévitablement victimes du processus de Bologne, qui amplifie l’anglicisation de l’enseignement supérieur.
Nous avons déjà abordé sur AV le fait que les pays nordiques s’interrogent sur les effets de cette politique linguistique, mais d’autres aspects de la question méritent d’être discutés.
1. Qu’est-ce que le processus de Bologne ?
2. Avantages annoncés par l’UE.
3. Et les sous ?
4. L’UE reconnaît les nombreux obstacles à la mobilité des étudiants et des enseignants.
5. Diverses critiques sont déjà apparues.
6. La visibilité internationale.
7. La réponse actuelle à l’obstacle linguistique : l’anglicisation de l’enseignement supérieur.
8. Un processus gagnant-gagnant, ou gagnant-perdant ?
9. Les pays qui ont anglicisé leur enseignement supérieur, Suède et Norvège,
s’interrogent.
10. Les effets secondaires sont déjà visibles en France.
11. Une nouvelle religion européenne : la mobilité.
12. L’idéologie qui préside au processus de Bologne : une vision économique de la recherche.
Continue sur www.agoravox.fr
L’Europe peut-elle se faire sans les peuples ? Alors que les Irlandais ont dit “non” au traité européen de Lisbonne, jeudi dernier, le débat est relancé.
Vous êtes étudiant Erasmus, salarié dans un pays de l’Union, agriculteur bénéficiant des aides de Bruxelles, ou tout simplement Français… votre témoignage nous intéresse. Comment vivez-vous au quotidien votre citoyenneté européenne ? Qu’est-ce qu’”être européen” signifie pour vous ? Qu’attendez-vous de l’Union européenne ?
Envoye des témoignages sur www.lemonde.fr/europe/appel_temoignage/
Le journal Le Monde du 10 juin 2008 sonne l’alerte sur les langues : le français et l’ allemand - deux des trois langues de travail de l’Union Européenne – sont en chute libre au sein des instances Européennes. La commission européenne affirme défendre la pluralité linguistique. Peut-on, sous l’affichage de la défense de la pluralité linguistique, imposer une seule langue de communication internationale ?
Il y a 8 ans en l’an 2000 le Professeur Fernando CRISTOVAO de l’Université de Lisbonne analysait la politique linguistique de l’Union Européenne : La position de la langue portugaise au sein de l’Union Européenne 1:
« La politique du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne ne sert assurément pas les intérêts de la langue portugaise (…). Il est nécessaire que la politique linguistique de l’Union Européenne ne favorise pas la banalisation en recommandant l’enseignement de toutes les langues, ni admette le coup de force que constituerait le fait que sans être choisies, deux langues seraient imposées par la communication internationale »2.
Le rapport d’Amin Maalouf remis en janvier 2008 à la Commission propose pour résoudre la complexité des langues au sein de l’Union que tous les européens apprennent la langue de d’une communication internationale(l’anglais) et une autre dite “langue personnelle adoptive”… En 2008 le rapport Maalouf n’invente rien de neuf.
L’Université de Lisbonne montrait en 2000 que la Commission Européenne s’orientait sur cette stratégie seule langue de communication internationale.
Le rapport remis mercredi 4 juin 2008 au gouvernement par Hervé Bourges prône une offensive “décomplexée” du français pour une renaissance de la Francophonie. La proposition n° 16 concerne l’usage du français dans les entreprises.
M. Hubert Astier en juin 2005 avait remis aussi un rapport insistant sur l’urgence d’une politique en faveur du français.
Quelques extraits :
“On est à la croisée des chemins. Ou bien on laisse les choses aller, en en masquant le cours inévitable par quelques palinodies retardatrices et la langue française s’éteindra vite (…) avec toutes les conséquences de délitement social, économique et politique que cela implique. Ou bien des décisions fortes, claires et stratégiques sont prises à temps, qui donneront à la France les vrais moyens d’une politique de la diversité. Il faut auparavant, se convaincre que la langue en est le vrai marqueur comme elle est aussi la principale arme pour refuser tout assujettissement inutile des nations, pour cause de facilités circulatoires, au plus petit commun dénominateur d’une Cité mondiale en gestation”.
“Il faut une politique plus globale et plus énergique et impliquant toute la société. Si une contre poussée ferme n’est pas rapidement dressée, les pressions naturelles de la mondialisation et de la facilité à utiliser une « langue approximative issue de l’anglais » d’un millier de mots, prévaudront et, en deux ou trois générations, le français ne sera plus en France que la langue des français (…) qui ne participeront pas de manière active, aux jeux et pouvoirs de la mondialisation”.
Il faut élargir à toutes les forces vives de la société, la responsabilité de la langue nationale, expliquer et faire comprendre les véritables enjeux. Soulignons que toute politique linguistique dépend de la qualité de l’enseignement du français, en France. Si l’on considère qu’une politique linguistique et francophone est importante, il faut s’en donner les moyens. Il faut inventer d’urgence pour l’espace francophone, comme dans le Commonwealth, une forme de libre-accès, de visa francophone à délivrance rapide et limitée dans le temps.
Elargir à toutes les forces vives de la société, la responsabilité de la langue.
Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France est né en septembre 2006. Il concrétise la prise de conscience de syndicalistes de terrain, convaincus de la nécessité de défendre notre outil de travail : la langue française. En février 2007 le collectif a tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale sur la question du droit à l’usage de la langue française.
Cette question dépasse le cadre de l’entreprise: c’est un enjeu de société (3). Le collectif intersyndical se bat au quotidien pour maintenir la langue française comme langue de travail dans les entreprises :
Dans les deux cas, la langue est l’objet d’un combat dans la durée.
Le collectif dénonce le laxisme linguistique de l’Etat :
Les irradiés de l’hôpital d’Epinal sont les victimes de cette complaisance mortifère. En effet les logiciels de radiologie étaient en anglais (8) – sans aucune traduction – La formation des radiologues était dispensée en anglais – pourtant contraire au code de la santé publique (Art. R.51-1120) qui stipule que l’usage du français est obligatoire. Une des 32 mesures de Mme Bachelot prises pour la radiothérapie concerne désormais le contrôle de la langue (9).Il a fallu des morts pour que l’Etat réagisse.
La revendication linguistique est aussi une question de sécurité et de santé au travail.
Le collectif intersyndical reçoit les témoignages de salariés et mène des actions de sensibilisation à une prise de conscience individuelle et collective aux enjeux linguistiques en matière de santé, de sécurité, de discrimination et d’exclusion. Ainsi le Lamy social du 3 septembre 2007 a publié un article de fond d’Alain Supiot (10) sur les langues de travail :
« Le mirage de la langue unique et les réalités du plurilinguisme »
« Voir dans une langue unique, quelle qu’elle soit, la réponse à la question des langues au travail dans l’économie globalisée est un dangereux mirage, qui séduit les entreprises et les institutions communautaires. Mais le droit du travail n’y a pas encore cédé et tient compte au contraire des réalités du plurilinguisme, auxquelles la globalisation expose les entreprises. »
La question linguistique est trop souvent renvoyée au ministère de la culture or elle concerne aussi le ministère du travail et les autres ministères. Elle est transversale11.
La responsabilité des élites
L’hebdomadaire « Le nouvel Economiste » du 16 novembre 2006 titrait en première page « Francophonie, la trahison des clercs 12». Retenons en deux points essentiels :
« Il est urgent de combattre l’indifférence au repli du français. La francophonie pourrait jouer le rôle de laboratoire de la diversité linguistique contre l’uniformisation qui pénalise les économies non anglo-saxonnes ». « En ne conservant qu’une seule langue, on crée une discrimination, un rapport hiérarchique entre ceux pour lesquels l’anglais est la langue maternelle et les autres »
A la clef, dans un contexte de mondialisation, il y a la question de la diversité face à l’unicité des systèmes de pensée. Devant des enjeux socio-économiques majeurs, la plupart de nos élites explique que le français nuit à la croissance économique prétextant que la Common Law est plus souple que le droit romain. Certains patrons du CAC 40 déprécient l’emploi du français dans les entreprises. Un autre soutient que « nous avons un désavantage compétitif : notre langue 13». Il compare et assimile le français à la langue arverne.
Un ministre consacre un chapitre complet à démontrer que le français n’est pas indispensable, qu’il n’est plus adapté à nos besoins réels. Le titre du chapitre résume la pensée de son auteur 14 : « L’anglais, avenir de la francophonie. » Ce qui par ricochet permet au Président de Shiseido Europe d’affirmer dans le journal le Figaro15 que : « le principal défaut de la France est sa langue ».
L’ambassadeur de France en Roumanie répondait en anglais aux entretiens au moment du sommet mondial de la Francophonie à Bucarest en 2006. L’institut français de Bucarest fait passer des examens tout en anglais à des étudiants roumains désireux d’obtenir une bourse d’études pour la France16.
Ces « zélites », par leurs choix, contribuent au processus d’exclusion systématique du français comme langue de communication internationale : Cela ne doit plus être toléré. Car ils sapent la contre poussée dont parlait Hubert Astier dans son rapport de juin 2005. C’est du sabotage.
La langue impose une certaine conception du monde et des relations humaines et de leurs systèmes de pensée. La résolution de l’ONU exigeant le retrait « from occupied territories » est un exemple célèbre. Une rédaction du texte en français aurait imposé de choisir entre « de » ou « des » en désignant dans un cas une partie des territoires et dans l’autre leur totalité …
Mais où se situe le véritable moteur d’une langue ?
Le prix Renaudot 2006 Alain Mabanckou17 affirme avec conviction :
« En termes de moyens, la culture n’est pas, contrairement aux discours précités, le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie. La langue des affaires, voilà le vrai combat »
Le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie est bien la langue des affaires. C’est dans les entreprises, que se joue la survie du français et les emplois des francophones. La plupart des représentants des employeurs européens proclame dans les instances nationales et internationales que l’anglais est la langue de l’Entreprise. Les grandes multinationales en France imposent de plus en plus à leurs salariés de penser et travailler dans une langue étrangère qui devient de fait la langue unique.
Les organisations syndicales doivent maintenant saisir les tribunaux pour obtenir le droit au français en France. Le combat contre l’imposition étouffante de la langue unique ne concerne pas uniquement les travailleurs francophones. .En effet, des syndicalistes italiens s’intéressent à nos actions et nous envient la Loi Toubon.
Il s’agit de défendre notre premier outil de travail : la langue.
Le monde du travail découvre le caractère discriminant que représente, pour les salariés, l’usage injustifié de l’anglais. La sécurité n’admet pas l’ambiguïté, ni dans le travail, ni dans les notices d’application. : Epinal n’est pas une image L’insécurité linguistique est facteur d’augmentation de risque,…..La problématique d’une langue venue d’ailleurs que l’on voudrait nous imposer comme unique – et pas seulement en France - entraîne des mécanismes convergents de discrimination, d’exclusion et d’élimination.
Elle est la cause d’une souffrance latente et d’une humiliation exprimée par Léopold Senghor qui avait pressenti les effets pervers de la mondialisation et les premices à l’assujettissement par le biais de la langue unique :
« Je voyais dans un songe tous les pays aux quatre coins de l’horizon soumis à la règle, à l équerre, au compas et au sextant. (…) Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées 18 »
Le courage
Lors des troisièmes entretiens de la Francophonie Le Président Abdou Diouf a dit sans ambages : « Il nous faut avoir le courage de donner à la francophonie sa dimension économique 19» Pour cela, il est primordial d’associer d’une manière plus forte le mouvement syndical à la promotion des valeurs portées par la Francophonie.
Existe-t-il un réfèrent syndical au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sensibilisé aux questions linguistiques au travail ? Lors du colloque « Le français, une langue pour l’entreprise » du 3 et 4 décembre 2007 le collectif a été surpris de constater par la voix du conseiller20 à la langue française et à la diversité culturelle de l’OIF que :
1. Le thème du français comme langue de l’entreprise ne se situe pas au coeur des préoccupations de l’OIF.
2. L’OIF est sensible aux enjeux de la francophonie mais n’envisageait pas de mesures concrètes pour favoriser l’utilisation de la langue française dans l’entreprise.
3. Cependant elle peut envisager, si les états devaient la mandater pour agir d’inscrire cette préoccupation dans les activités dans la prochaine programmation de l’OIF.
4. L’OIF peut jouer un rôle majeur pour rendre le français attirant auprès des jeunes et des entrepreneurs.
5. Les outils dont elle dispose ne sont ni réglementaires ni législatifs et les mesures prises ne peuvent qu’être incitatives.
Cette réalité constitue une brèche énorme dans le dispositif de défense du français. Il faut absolument la combler.
L’Etat peut-il garantir notre droit au français en France ? le veut –il ? « Nous sommes condamnés d’avance au titre de la loi communautaire21 »
Le collectif intersyndical sait, hélas, par expérience22 qu’il ne faut plus vraiment compter sur l’Etat pour faire valoir les droits linguistiques des francophones en France. Le droit français est depuis longtemps confronté aux règles supérieures de droit communautaire et de l’Organisation Mondiale du Commerce mettant en oeuvre les principes de libre circulation,23 de concurrence et de non discrimination. Le droit français en matière linguistique est en opposition avec l’application du droit communautaire24.
Ainsi le principe de la langue facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes concernant l’étiquetage a été signé par nos représentants à Bruxelles 1e 14 décembre 1974.La Commission à propos du débat en 2000 sur la directive de la langue de l’étiquetage25 n’a fait en la matière que mettre en oeuvre des textes et des principes qui avaient été approuvés par les Etats, dont la France.
La substitution
Depuis 34 ans, cette langue dite facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes déborde de l’étiquetage pour se substituer -insidieusement et graduellement- dans tous les domaines à la langue française, à la langue allemande 26, à la langue italienne …. Le secrétaire perpétuel Mme Hélène Carrrère D’encausse avait pointé avec justesse ce processus dans « le français dans tous ses états 27» en écrivant :
« Le problème de l’anglais dépasse celui des emprunts, il menace de devenir celui de la substitution pure et simple de la langue anglaise au français »
Le français est-ce encore utile pour un emploi ?
Lors de la dernière conférence ministérielle sur la francophonie au Laos, il a été rapporté que la jeunesse en vient à se demander si le français était une langue utile pour trouver un emploi intéressant.28
Le Forum francophone des Affaires souligne que : « la promotion du français comme langue de travail est un défi à relever. S’il n’est plus utile dans le travail, il représente alors un investissement peu rentable29 ».
L’effacement du français par abandons successifs.
Si les rapports confirment la tendance que l’emploi du français s’efface inexorablement30 dans les instances nationales et internationales faute de locuteurs ou de demande de la part des représentants francophones, il deviendra absurde de se battre dans les entreprises pour maintenir l’emploi d’une langue reléguée à terme - par l’effet d’enchaînement d’ abandons31 successifs -dans la sphère privée .
« En Afrique, les chefs d ‘Etats s’interrogeraient sur la nécessité de continuer à promouvoir le français alors qu’eux mêmes seraient obligés de venir négocier en anglais à Bruxelles32 ». Les rapports et les discours successifs sur la langue française ne sont pas de nature à rassurer le collectif intersyndical.
Le temps des déclarations incantatoires est révolu.
Les mesures préconisées par le rapport Astier en juin 2005 ainsi que les propositions du rapport Bourges de juin 2008 doivent être mises en application dans les plus brefs délais pour maintenir notamment la place du français comme langue de travail …
La bataille la plus difficile : celle de la volonté politique.
Une proposition de loi n°59 Marini Legendre visant à renforcer et compléter la Loi Toubon dans le monde du travail a été votée au Sénat à l’unanimité en novembre 2005. Elle n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.
Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France et les associations de défense de la langue française réclament en vain son inscription. Le rapport Bourges propose qu’elle soit votée. Alors pourquoi n’est elle pas
inscrite ?
Jacques Toubon a donné une réponse à cette question le 3 décembre 2007 lors du colloque : “le français, une langue pour l’entreprise”. :
« Il serait cohérent d’inscrire ce texte à l’ordre du jour … J’ajouterai qu’adopter la Loi Marini-Legendre pourrait bouleverser l’équilibre et provoquer une réaction de la Commission, alors qu’elle est actuellement encline à nous laisser appliquer notre législation.»( p.81 et 82)
Sans volonté politique comment garantir aux francophones en France le droit à leur langue dans la vie de tous les jours ?
La promotion de la diversité linguistique implique - t’-elle l’effacement du français en France, de l’éviction du français de l’italien et de l’allemand à la Commission Européenne, langue des pays fondateurs de l’Europe moderne ?
En France, se battre pour l’emploi du français dans les entreprises dans le domaine du droit du travail, en terme d’exigence de sécurité, c’est prendre part à la promotion de la diversité linguistique. Et cela, en conformité avec la convention de l’UNESCO, en vigueur depuis le 18 mars 2007.
Jean-Loup Cuisiniez
Collectif pour le droit de travailler en français en France
7èmes Entretiens de la Francophonie 13 juin 2008
UNIVERSITE JEAN MOULIN LYON 3
INSTITUT POUR L ETUDE DE LA FRANCOPHONIE ET DE LA MONDIALISATION
Source: www.newropeans-magazine.org
Hymne, drapeau, citoyenneté européenne : l’UE a multiplié les symboles pour développer le sentiment d’appartenance à l’Europe. Mais ce sont les droits concrets, comme la liberté de circulation, qui fédèrent les citoyens.
“Etre européen, pour moi, ça devient peu à peu un sentiment, au fil de mes voyages. Tranquillement, dans cette Europe sans frontières, avec l’euro, je découvre des langues, des habitudes, des amis”.
Fran a 26 ans, il est espagnol et travaille à Madrid, après un cursus très européen : un lycée français dans sa ville natale, Valladolid, une année universitaire en Belgique, un semestre en Irlande et… une collection de petites amies européennes.
Alors que le non irlandais au référendum a été largement interprété dans les médias comme un échec de l’”Europe des citoyens”, comme la marque d’un fossé entre peuples et institutions, Fran pense que toute une génération d’Européens se sent profondément citoyenne de cette Union à 27.
Marvin, Marco, Fred et les autres
Pour Fran l’Espagnol, Marvin le Maltais, Fred le Français et Marco l’Italien, être européen, c’est très concret : c’est la liberté de circulation. La plupart de ces jeunes “euro-enthousiastes” a découvert l’UE grâce au programme Erasmus, qui a permis depuis 1987 à plus de 1,6 millions d’étudiants de passer un an dans une université européenne.
Après une année Erasmus qui a fait progresser son anglais, Marco, 31 ans, pense avoir trouvé plus facilement du travail dans sa ville de Lecce, dans le talon de la botte italienne. Marvin, 29 ans, a quitté il y a quatre ans son île pour une autre ; il est parti travailler à Londres. C’était l’année de l’adhésion de son pays à l’UE. Quand à Fred, après une année scolaire au Danemark et un stage en Angleterre, il a quitté son Alsace natale pour se marier avec Maria et s’installer à Murcia, dans le sud-est de l’Espagne.
A les entendre, ce n’est pas un hymne, un drapeau ou une journée de l’Europe qui nourrit l’européanité. C’est plutôt cette facilité de mobilité, que confère l’UE, qui leur a donné petit à petit le sentiment d’être européen : le droit de voyager, d’étudier, de travailler partout sans être discriminé par sa nationalité (avec des dispositions transitoires pour les nouveaux entrants).
Le principe : un travailleur d’un autre Etat membre a les mêmes droits sociaux (prise en charge des soins de santé, allocations, etc.) et fiscaux qu’un citoyen national. Pas de contrôle systématique aux frontières de 22 des Etats membres. Pas besoin d’un permis de conduire international car un permis délivré dans un pays est valable dans toute l’UE.
Toujours plus d’abstention
La citoyenneté européenne a été officiellement instaurée par le traité de Maastricht en 1992. Elle se manifeste par ce droit très concret de libre circulation, mais aussi par le droit d’élire les députés du Parlement européen.
Un pouvoir politique qui ne passionne toutefois pas les foules : le taux de participation moyen aux élections européennes ne cesse de diminuer. Il est passé de 63 % en 1979 à 45 % en 2004. En France par exemple, il était de 43 % aux dernières élections, alors que la même année, 66 % des électeurs s’étaient déplacés pour le second tour des élections régionales.
La faute à une absence de politisation des élections européennes, déplore Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Schuman. Il milite pour de véritables campagnes électorales à l’échelle européenne, avec des partis transeuropéens et des programmes communs. La faute aussi à une méconnaissance profonde du fonctionnement de l’Europe. Un sondage publié en mars indique par exemple que seuls 41 % des Français savent que les eurodéputés sont élus par les citoyens.
Aurélie Blondel
Source: www.france24.com
Aujourd’hui, pour sa deuxième phase de 2009 à 2013, le programme va être étendu au doctorat, et doté de 950 millions d’euros, contre moins de 300 millions pour la première phase. «Les étudiants sont contents de leur master, mais ont du mal à trouver des bourses de doctorat en Europe. Ils partent faire leur thèse ailleurs, notamment aux Etats- Unis», déplore Maritxu Skawinski, le chef de service Erasmus Mundus d’Europe éducation formation France. La nouvelle phase devrait y remédier, d’autant que le vivier est conséquent. Entre 2004 et 2008, plus de 6000 étudiants sont venus passer l’un des 103 masters Erasmus Mundus. «Ces diplômes ont un effet d’attractivité remarquable», note Patrick Chedmail, le directeur de Centrale Nantes qui a fait labelliser deux formations, en robotique et en mécanique numérique.
Il a recensé 600 candidats pour la première et 300 pour la seconde, pour vingt places chacune. «Nous avons pu en transférer certains sur d’autres masters assez proches », se réjouit-il. Seul bémol: une fois formés, les étudiants repartent illico travailler chez eux. 79% d’entre eux auraient quitté l’Europe sept mois après l’obtention de leur diplôme.
Arnaud Dumas
C’est ce qui m’est arrivé. En 2002, j’ai passé un an au Portugal, à Coimbra, dans le cadre du programme Service Volontaire Européen . Une année à travailler dans une association locale, à rencontrer d’autres jeunes européens et à créer des liens. En rentrant en France, j’avais deux projets : m’inscrire à la fac et partir en erasmus. J’ai donc pris la direction de Lille 3 pour une licence d’Histoire, moins exotique, peut être, mais c’est chez moi et je m’y sens bien.
Enfin l’an dernier, j’ai pris ma décision, j’allais passer l’année suivante en erasmus. Je suis donc, désormais, étudiant à Lisbonne, à l’Universidade Nova de Lisboa.
La première étape a été le choix des pays et des villes où l’on candidate. Il y a le choix du coeur, pour moi c’était Lisbonne et Budapest – les connaissant bien et parlant déjà portugais et un peu le hongrois. Il y a ceux qui permettraient d’améliorer ou d’apprendre une langue ; l’Espagne ou l’Allemagne, ou alors le choix de partir à la découverte de l’inconnu ; un pays scandinave ou un pays balte. Mais le choix dépend aussi des accords existants entre les universités et les différentes filières, ce qui permet de faire une première sélection. Donc après quelques hésitations, mon choix s’est porté sur Lisbonne, je connaissais déjà la langue mais j’avais envie d’améliorer mon niveau et la ville me plaisait.
L’erasmus est devenu concret lorsque que j’ai reçu la confirmation que j’allais bien partir à Lisbonne et avec la réponse commencent les premières démarches, la principale étant de se balader sur le net afin de consulter les annonces de locations de chambres, n’ayant pas envie d’arriver sur les rives du Tage sans avoir de logement. Ce n’est pas toujours simple de louer sans avoir vu directement ni l’appartement, ni le quartier mais ce n’est pas grave, on rejoint la vague d’erasmus changeant d’appartement durant les premières semaines. Je suis donc arrivé à Lisbonne début septembre afin de découvrir la ville mais aussi afin d’avoir quelques semaines de vacances.
L’arrivée se fait peut être dans une ville où l’on ne connait personne mais cette situation ne dure que peu, très peu, de temps. On fait la connaissance de ses colocataires, également erasmus, le hasard m’a fait cohabiter avec d’autres étudiants en mobilité européenne et non avec des portugais, la seule que je ne souhaitais pas était de vivre avec d’autres Français, puis on rencontre d’autres erasmus à la fac et des autres universités lisboètes. Il est vrai que les premières semaines, le temps de prendre ses marques, le fait de fréquenter d’autres erasmus à un côté « rassurant » et puis c’est aussi beaucoup plus simple puisque nous sommes tous des étrangers ne connaissant personne dans la ville. Certains feront le choix de passer leur mobilité au sein du cercle « erasmusien », d’autres tenteront d’intégrer le monde estudiantin local ce qui n’est pas toujours simple, je parle par expérience…
Mais rapidement les vacances prennent fin, la réunion d’accueil est surtout synonyme de rencontre avec l’administration, le plaisir de remplir de nombreux formulaires afin d’obtenir cartes d’étudiant et de bibliothèque, le programme d’étude à refaire totalement après s’être aperçu qu’une partie des cours choisis en France avaient été annulés, avaient lieu au 2nd semestre ou avaient lieu aux mêmes horaires. L’avantage d’être erasmus et que nous avons la possibilité de choisir des cours dans d’autres filières que celle d’origine ce qui permet d’avoir un emploi du temps véritablement intéressant ce qui m’a permit de suivre des cours d’Histoire mais aussi de Relations Internationales ou de Communication Politique par exemple. Et puis il y a les cours qu’on ne pourrait jamais suivre dans son université d’origine ; à quand un cours sur la Géographie humaine des pays lusophones à Lille 3 ???
Beaucoup d’erasmus arrivent sans parler la langue, je n’avais pas ce problème. Enfin dans l’absolu car un temps d’adaptation est nécessaire afin de s’habituer au prof qui parle trop vite ou à celui qui a un accent très prononcé… L’Universidade Nova de Lisboa recevant un nombre important d’erasmus, les profs sont habitués et prennent le temps pour nous ré-expliquer, nous traduire, certaines choses.
L’avantage est également que beaucoup de profs portugais parlent parfaitement français, ce qui se ressent également dans les bibliographies où une partie non négligeable sont des ouvrages dans la langue de Molière… Cependant très vite, le niveau de portugais s’améliore, les exposés oraux ne sont qu’une étape, on comprends les profs sans problèmes, enfin presque !!!
Cette période de découverte passe très (trop) vite, les vacances de fin d’année arrivent, retour au pays avec qu’une envie : repartir car cette vie d’erasmus est tout de même des plus agréables. Et là, le paradis a disparu, janvier rime avec fin de semestre et donc examens. En un mois, je n’ai jamais autant étudier mais il semblerait qu’on le fait beaucoup plus facilement, avec une motivation différente lorsque l’on est à l’étranger. Et puis rapidement, on comprend que nous bénéficions d’un statut un peu spécial. Davantage de tolérance, des examens allégés, cela se ressent dans les résultats qui sont les meilleurs obtenus depuis mon entrée à la fac.
La fin du semestre voit le départ de ceux qui ont fait le choix d’une mobilité de six mois et qui n’ont pas prolongé et l’arrivée d’une nouvelle vague d’erasmus.
Et c’est reparti pour un second semestre dans la capitale portugaise… Lisbonne est la ville parfaite pour faire un erasmus, c’est une ville jeune, qui bouge, où la culture dans sa diversité est omniprésente, le climat est des plus agréable, le stress présent généralement dans les capitales se ressent moins…
Bien sur l’erasmus ne signifie pas une année faite exclusivement que de plaisirs et bonheurs. Il y a les démarches administratives (ah l’administration portugaise !!!), certains amis qui manquent, le fait d’avoir eu la bonne idée de tomber amoureux d’une personne vivant à Lille pendant mon erasmus ce qui n’est pas simple à gérer, les démarches à faire pour le master l’an prochain, la petite inquiétude sur le systéme d’équivalence des résultats, etc….
Mais l’erasmus signifie aussi la découverte d’un pays, d’une ville, d’un système universitaire différent, d’avoir de longues conversations entre européens sur ce qui nous rapproche et nous différencie, de créer des liens, et puis l’erasmus ça rend l’Europe concrète.
Alors oui ce n’est pas toujours simple mais c’est une expérience que nous deverions tous avoir la possibilité de connaître et je ne regrette pas mon choix, mon erasmus se termine dans quelques semaines mais j’en garderais des souvenirs pendant très longtemps et je n’ai qu’une envie : vivre à nouveau une mobilité européenne, ce sera peut être dans le cadre de mes études, peut être au niveau professionnel, l’avenir le dira…
Mykha Verfaillie
Source: www.taurillon.org
Le Fête de la musique, le grand rendez-vous des pratiques amateur, promet de connaître samedi une forte affluence pour sa 27e édition, qui tombe un week-end et donnera un coup de projecteur sur un genre populaire, la musique de film.
Née en 1982, cette manifestation à accès libre rassemblera quelque 10.000 concerts en France et dans le monde.
La Fête de la musique sera célébrée dans plus de 100 pays et 340 villes, souvent grâce au réseau culturel français à l’étranger.
Pour la première fois, Melbourne (Australie), Sacramento (Etats-Unis), Erbil (Kurdistan irakien), Cebu (Philippines), Port-Moresby (Papouasie Nouvelle-Guinée), Hanovre (Allemagne), Ostrava (République tchèque), Malaga (Espagne) ou Québec (Canada) seront de la partie.
L’accent sera mis cette année sur la musique de film, dont on fête le centenaire.
Ainsi la Cour d’honneur du Palais Royal accueillera une création, “Rendez-vous chez Nino Rota”, relecture de l’oeuvre du compositeur fétiche de Fellini par le chanteur d’origine napolitaine Mauro Gioia, avec la participation de Catherine Ringer.
Le Palais de l’Elysée sera ouvert pour la première fois au public à l’occasion de cette fête avec, à 17h50 dans la cour d’honneur, l’interprétation de la première partition originale pour le cinéma, composée en 1908 par Camille Saint-Saëns pour “L’assassinat du duc de Guise”.
Mais si la Fête de la musique, d’année en année, ne devait laisser qu’un souvenir, ce serait sans doute celui de promeneurs se laissant guider par leur pas au hasard des rues, et de milliers de musiciens amateurs se prenant pour U2 ou les Clash sur “Sunday Bloody Sunday” ou “Should I stay or should I go”, avec parfois des fausses notes mais toujours avec du coeur.
A manifestation d’envergure, mesures exceptionnelles. En Ile-de-France, des transports en commun (métros, RER, bus et trains de banlieue) fonctionneront toute la nuit de samedi à dimanche.
La préfecture de police a annoncé de son côté la mobilisation d’environ 2.500 policiers et gendarmes à Paris.
Le ministère de la Santé a pour sa part prévu de faire distribuer dans 38 villes plus d’un million de préservatifs, dans le cadre du lancement d’une nouvelle campagne sur le sida.
Source: www.france24.com