Sous mes yeux, la fiche d’inscription à l’Institut d’enseignement supérieur (arts) de St Luc à Tournai, fournie par une amie: d’abord une looooongue page sur les droits d’inscription, l’attribution de bourse ou non, bref rien que des choses tout à fait normales, jusqu’au bas de la seconde page, paragraphe 3.

Avant tout, je précise que le Certificat de l’Enseignement Secondaire Supérieur (CESS) belge, est l’équivalent du Bac en France. Je cite le papelard: Equivalence d’un diplôme secondaire autre que le CESS (Bac, BT…). Les étudiants étrangers et belges inscrits en 1ère année qui auraient obtenu un titre autre que le CESS (délivré par les établissements scolaires belges) doivent introduire par eux-mêmes une demande d’équivalence au titre belge (…) Le coût de cette équivalence est de 125 euros, ce montant est à verser, préalablement à la demande, directement par le demandeur au service des équivalences belges (…)

Parce qu’en plus, il y a tout un service pour les équivalences! Amis des gâchis administratifs, je vous salue!

Non, ce n’est pas une histoire de Belge. Il faut effectivement payer, dans l’Europe de 2008, pour voir son Bac reconnu à l’étranger (en l’occurrence à l’étranger très proche, et francophone). Pas seulement pour la Belgique, car c’est le cas partout en Europe. Mais ce n’est pas tout, car une fois que vous aurez étudié dans un pays de l’Union et obtenu, on l’espère, un diplôme, il vous faudra repasser à la caisse pour avoir l’équivalent français. Merveilleux, n’est-ce pas?

Un peu comme le programme Erasmus, qu’on nous présente lors des réunions de formation (formatage?) dans l’Education Nationale comme le Saint Graal, la porte d’entrée à tous les jobs, alors que bon nombre d’employeurs n’en ont strictement rien à cirer. Ils lui préfèrent l’expérience du candidat sur le terrain et/ou son attitude lors de l’entretien d’embauche.

J’avais vu un reportage sur Erasmus à l’université D’Heidelberg il y a quelques semaines, dans le journal du midi de France 2: cadre idyllique, nombreuses installations mises à disposition des étudiants, logements à bas prix (nous sommes en Allemagne, là où les études signifient encore quelque chose pour l’état), bref des jeunes heu-reux, souvent issus de catégories sociales privilégiées, et qui passent une année à s’éclater et à rencontrer un panel de gens du monde entier (de milieux sociaux privilégiés, lol).

Par contre, le reportage ne disait pas un mot sur la reconnaissance de l’échange par la suite. Moi je peux vous le dire avec tout ce que j’entends autour de moi, il y a quelques cas pour lesquels il est reconnu, certes, mais la plus de grande partie de mes amis étudiants de l’époque qui ont participé à Erasmus n’en ont pas tiré grand chose au niveau CV. Certains même regrettent d’avoir ‘perdu leur temps une année’. Notamment parce qu’ils étaient constamment en vase clos avec des étudiants d’autres pays, donc ils parlaient non-stop anglais au lieu de la langue du pays fréquenté, et parce qu’ils ne sortaient qu’entre eux (mais ça, c’est une autre histoire).

Oh mais j’y pense, M. Sarkozy est Président du Conseil de l’Union Européenne, là, non? Bah on va pouvoir rajouter ça à ses dossiers!

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