Le programme Erasmus Mundus, qui vise à attirer des étudiants non européens dans les établissements de l’Union, vient d’être enrichi de 63 nouveaux masters et doctorats. Une montée en puissance pour un dispositif très sélectif.
L’annonce est presque passée inaperçue. Au début du mois d’août, la Commission européenne a annoncé la sélection de 50 nouveaux masters et de 13 doctorats dans le cadre du programme Erasmus Mundus. Opérationnels à la rentrée 2010, ces nouveaux cursus viendront étoffer une offre déjà riche de quelque 103 masters. Lancé en 2004, le programme se distingue de son grand frère Erasmus en s’adressant principalement aux étudiants de pays extérieurs à l’Union européenne. « Il s’agit de constituer une offre de formation européenne plus visible pour cette population »,explique Emmanuelle Gardan, coordinatrice du programme pour la France au sein de l’agence Europe Education Formation.
Difficile en effet pour un étudiant américain ou asiatique de se repérer dans la diversité de l’offre de formation européenne, qui diffère largement d’un pays à l’autre.Concrètement, les cursus proposés doivent regrouper, au sein d’un consortium, au moins trois établissements d’enseignement supérieur de trois pays européens différents. Ainsi, depuis la rentrée 2006, sept écoles et universités (1) proposent un master commun, baptisé « Fame » et axé sur la science des matériaux. « Lors du premier semestre, les étudiants doivent d’abord suivre leur enseignement à Grenoble ou à Augsbourg, avant de pouvoir bouger dans un à deux établissements de leur choix selon la spécialité voulue », détaille Jean Etourneau, coordinateur du cursus.
Etudiants à haut potentiel
Bilan : depuis 2004, Erasmus Mundus a attiré quelque 7.800 étudiants étrangers, venus de 105 pays. La Chine est le pays le plus représenté, suivie de l’Inde, du Mexique, du Brésil. Des chiffres qui semblent modestes, comparés notamment aux 2 millions d’étudiants ayant profité du programme Erasmus depuis sa création en 1987. « Nous sommes sur une démarche avant tout qualitative. Nous ne proposons que des formations d’excellence, destinées à des étudiants à haut potentiel », souligne Emmanuelle Gardan. Les établissements candidats au programme sont d’abord soumis à une sélection précise, basée sur la composition du consortium (diversité géographique et complémentarité des universités), la qualité pédagogique de l’enseignement proposé, ou encore l’accueil du candidat (aide aux démarches administratives, logement…). Cette année, la Commission européenne avait ainsi reçu 182 candidatures de masters (pour 50 retenus) et 135 pour les doctorats (13 retenus).
Le programme est tout aussi élitiste pour les étudiants. Sur quelque 22.000 candidatures reçues pour la rentrée 2009, seules 1.630 bourses, de 21.000 euros par an, ont été attribuées. Cette année, le master Fame n’a ainsi retenu que 25 étudiants étrangers, sur plus de 200 candidatures. Outre une question d’image – les formations sélectives sont toujours mieux cotées -, la démarche vise à détecter de futurs collaborateurs. « Ces talents, venus d’horizons divers, pourront rejoindre nos équipes de recherche ou d’enseignement, ou être repérées par des entreprises partenaires de notre établissement. On est dans une logique de recrutement » , explique Jean Etourneau.
Il n’empêche, cette sélection cache aussi le manque de financement octroyé au programme. « On pourrait tout à fait augmenter le nombre de bourses tout en restant sélectifs. Mais il faut reconnaître que les moyens de la Commission sont limités », regrette Daniel Pinson, coordinateur du master Eurmed, proposé par quatre universités partenaires (Aix-Marseille-III, Séville, Gênes et Lisbonne) sur des thématiques d’urbanisation et d’aménagement durable.
La sélection pose aussi des problèmes d’organisation : il n’est pas rare qu’une université se retrouve avec seulement deux ou trois étudiants non européens sur un semestre. « C’est beaucoup d’investissement pour peu d’élus », souligne Daniel Pinson.
MAXIME AMIOT, Les Echos
source: www.lesechos.fr
Popularity: 1% [?]

1 Comment at "Soixante-trois nouveaux cursus européens pour attirer les étudiants étrangers"
Est-ce possible que quelq’un m’aide avec une idée de comment trouver un cours pour moi? Je suis Bolivienne, il existe un appel de l’Ambassade Francaise pour les fonctionners publics de la Bolivie pour étudier en France pour un an.
Merci!
Comment Now!