La rentrée des classes n’est que l’achèvement d’un long parcours du combattant pour la plupart des étudiants étrangers issus de pays en dehors de l’Union européenne.

La procédure commence par l’inscription sur la base de données du ministère des Affaires étrangères : Campusfrance. Divers documents sont à fournir, notamment des justificatifs de revenus. Un long exposé des motivations est également requis. L’étudiant doit justifier ensuite la valeur ajoutée de sa venue en France pour son projet professionnel ou encore pour son pays. Les tests de maîtrise de la langue française sont une étape décisive. Le niveau des étudiants est évalué principalement par le Diplôme d’études en langue française (Delf) ou le Diplôme approfondi en langue française. Les notes minimums varient suivant la formation et l’établissement.

Vient après le dépôt du dossier à l’ambassade de France en vue de l’obtention du Visa étudiant. Arrivé en France, le jeune doit se rendre à la préfecture pour demander son titre de séjour d’une durée d’un an. La préfecture de Gironde a, à cet effet, ouvert une antenne dédiée aux demandes de titre de séjour à l’espace rentrée étudiant, place des Capucins du 1e au 9 octobre.

Les grèves de 2008-2009

L’année universitaire précédente n’a pas été glorieuse du point de vue de l’assiduité. Tant à l’échelle nationale, qu’au niveau départemental où, l’université de Bordeaux III par exemple, a connu plusieurs semaines d’interruption de cours. Valérie Pécresse a demandé au ministère de l’Intérieur de lâcher du leste pour les certificats d’assiduité des étudiants étrangers, document indispensable pour le renouvellement du titre de séjour.

Toutefois, les étudiants étrangers rencontrés disent ne pas se préoccuper outre mesure des grèves de l’an passé. Ils déclarent qu’ils n’aimeraient pas que cela se reproduise vu l’investissement matériel et moral, tout en insistant sur d’autres questions plus primordiales. Constituer un dossier pour une location d´appartement ou le coût élevé de la vie sont des leitmotivs unanimement utilisés, avec la crise. « Louer un appartement à Bordeaux n’est pas de tout repos, explique Lilia, jeune Moldave en Master de finance, on réclame un garant français gagnant plusieurs fois le loyer. Et pour ceux qui n’ont aucune attache en France alors ? » Le changement de conjoncture économique n’a pas l’incidence qu’on pourrait imaginer sur les études à l’étranger. Les étudiants de l’Eurogroup ne sont pas concernés par le quotient euro/dollar, mais ils reconnaissent que Bordeaux, par exemple, bien que moins onéreuse que Paris, demeure plus coûteuse que leurs pays. Quant aux autres étudiants qui n’ont pas l’euro comme monnaie, ils subissent le contrecoup d’un euro fort.

Les fonds qu’ils perçoivent depuis leurs pays sont émis dans la monnaie locale et celle-ci perd de sa valeur à mesure que l’euro se renforce. Reste alors l’alternative du job étudiant. Une autre paire de manches est engagée. Au-delà des difficultés pour trouver un emploi, une limite du nombre d’heures est imposée : 20 heures par semaine et pas plus de 946 heures par an.

Jing, 23 ans, Chine, en master Psychologie

Ma grande peur, c’est l’augmentation des frais d’inscription. Je finance mes études grâce à un job dans un restaurant au SMIC et à l’aide de mes parents. La crise n’a pas d’impact sur leur soutien, mais, j’ai récemment postulé pour un job dans un supermarché. On ne m’a pas répondu. Je me dis que c’est à cause de la crise ou de mon français. Peut-être que mon statut d’étranger est aussi mis en cause…

Namibia, 20 ans, Espagne, en licence de biotechnologie

Sans ma bourse Erasmus, je n’aurais jamais pu venir en France. La vie est très chère. De plus, il y a une spécificité bordelaise à ne pas louer aux étudiants erasmus espagnols. Mes amis et moi devons aller d’hôtel en hôtel. Cela varie de 30euros à 58 euros par nuit, je vous laisse faire le calcul… J’ignore pourquoi mais les propriétaires français pensent que les espagnols ne vont pas payer.

Gilles, 24 ans, Bénin, en master aéronautique

C’est ma 4e rentrée en France. Le désordre qui a sévi suite à la grève de l’année dernière, n’a pas remis en cause mon choix d’université. Il ne faut pas jeter la pierre aux étudiants ou aux enseignants, ils ne font que réagir à la politique du gouvernement. Après tout, la grève est souvent nationale, le seul moyen d’en être épargné est d’aller au privé. Ce n’est pas envisageable pour moi.

Lena, 21 ans, Allemagne, magistère en communication

J’ai entendu parler des grèves dans les universités mais cela n’a pas influencé mon choix. Etant en Erasmus pour six mois, je ne me sens pas vraiment concernée. Par contre, trouver une colocation me pose problème. à mon arrivée, j’ai logé en auberge de jeunesse, je devais trouver une autre alternative vu le coût. Aussi, grâce au service international du Crous, j’ai pu trouver une solution de dépannage.

source: www.sudouest.com

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