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L’annexe de Gosforth est toute neuve : elle est ouverte depuis décembre dernier. Et c’est un sujet qui prête à polémique… Disons que je n’entends pas la même chose côté personnel et côté direction. Alors, c’est quoi le problème ? Pour me rendre compte, j’ai fini par aller y faire un petit tour moi-même… (« incognito » !!!)

 

La bibliothèque de Gosforth partage ses locaux avec le Customer Service Centre (une antenne de la mairie) ; en gros c’est une grande pièce, avec dans le coin à droite les services municipaux, le reste la bibliothèque. C’est neuf : le mobilier est propre et joli, il y a des ordinateurs bien intégrés à l’espace, de l’espace justement… J’ai été un peu surprise parce que mes collègues parlent de Gosforth comme d’une « grosse » bibliothèque, et je m’attendais à plus de rayonnages.

La nouveauté à Gosforth, ce sont les automates de prêt : il n’y a aucune banque de prêt-retour, mais des machines avec lesquelles les usagers font tout eux-mêmes. J’avais déjà vu ce système à la bibliothèque universitaire de Northumbria, où il fonctionne très bien. Techniquement, c’est un écran. Pour un emprunt, les usagers passent le code-barre de leur carte sous le scanner, tapent (sur le clavier apparaissant à l’écran) leur code puis posent leurs livres/CD/DVD sur l’emplacement prévu à cet effet. Apparaît alors à l’écran la liste des emprunts. Il ne reste plus qu’à imprimer le reçu, comportant le détail des supports empruntés et la date de retour. Pour les CD et DVD, comme l’emprunt n’est pas gratuit (1£ par CD pour 2 semaines ; en moyenne 1,5£ par DVD pour une semaine), la machine est munie d’une encoche pour y glisser des pièces. On peut au choix payer tout de suite ou la prochaine fois.

 

Qu’y a-t-il à reprocher à tout ça ? Eh bien, certains usagers n’aiment pas les automates de prêt (principalement, soyons honnêtes, des personnes âgées) Déjà, les écrans sont placés très haut. Et puis, il faut taper son code (bien appuyer sur les « touches » ou la machine ne le reconnaît pas), on n’a plus affaire aux bibliothécaires… Même s’ils ne sont jamais loin, pour justement aider les usagers. La bibliothèque a eu en parallèle des échos très positifs, de gens qui trouvent ça très bien. A Northumbria, le système semble fonctionner parfaitement, le public étudiant, jeune, étant souvent très indépendant et habitué aux nouvelles technologies. Faut-il pour autant supprimer complètement les banques de prêt-retour dans les bibliothèques publiques ?

Ce que mes collègues reprochent à Gosforth Library, c’est l’aménagement de l’espace. Selon elles, il n’est pas facile de « voir » les usagers arriver, ou les bureaux d’information. J’explique : il n’y a pas de grand « comptoir » pour les bibliothécaires, mais deux pupitres, dont l’un couplé à un petit bureau d’information. Le problème, c’est que quand les usagers entrent, ils ont tendance à voir en premier le grand comptoir face à eux, contre le mur ; mais c’est celui du Customer Service Centre… Le bureau d’information de la bibliothèque est plus proche, mais à moitié caché par un poteau. Le deuxième pupitre est situé au milieu des rayonnages, ce qui peut être bien, sauf que si le personnel est occupé à ranger, ils ne voient pas si quelqu’un attend !

Le principe des pupitres amène aussi à envisager le métier de bibliothécaire de façon différente : au lieu d’être assis derrière un bureau et d’attendre que les usagers viennent le voir, le bibliothécaire est debout au milieu de la bibliothèque, et c’est à lui d’aller vers les usagers.

 

Alors, que pensez-vous de ces évolutions ? En tant que public et en tant que professionnel ?

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